Un hélicoptère survol une ville et passe au dessus d'un échangeur routier. De nombreuses voitures et camions y roulent. Au loin, des buildings à perte de vue.

Transport Fever 3, une logistique trop bien huilée

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6–9 minutes

Gérer une ville. Diriger un hôpital. S’occuper d’un parc d’attractions. Les jeux de gestion servent presque tous la même formule. Tous ? Non ! Transport Fever 3, lui, nous propose de gérer des transports à travers différentes époques. Peut-il prétendre à devenir une nouvelle référence du genre ?

Prendre le train en marche

Cela fait désormais dix ans que Transport Fever nous offre sa formule atypique. Après un premier épisode en 2016, Urban Games avait confirmé l’essai en 2019 grâce à une suite très appréciée. Avec Transport Fever 3, le studio récidive pour ce qui devrait être l’épisode de la maturité. Sans doute le moment idéal pour découvrir la franchise.

Un train à vapeur roule à proximité d'un champ de lavandes. Au loin, un lac borde une chaîne de montagne. On devine un immense pont à l'horizon.
Les locomotives à vapeur sont évidemment de la partie. (Image fournie par l’éditeur)

Pour accueillir les néophytes, Transport Fever 3 propose un mode tutoriel qui s’emploie à nous apprendre les bases. Complètement facultatif, il peut être snobé pour se lancer directement dans le grand bain. Il serait cependant dommage de s’en priver. En effet, celui-ci est relativement bien pensé. 🟢 Habile mélange entre pas à pas et partie libre, ce mode nous permet d’apprendre à notre rythme, sans injonction ni pression. Une formule bigrement efficace qui a toutefois ses limites. Le tutoriel est très succinct et les info-bulles, omniprésentes, nous rappellent surtout les fonctions les plus élémentaires. 🔴 C’est une introduction finalement assez chiche qui a le mérite d’être accessible mais trop superficielle. Autrement dit, vous serez peut-être rassuré mais absolument pas préparé, ni pour comprendre, ni pour exploiter pleinement le potentiel du jeu.

Une campagne sans éclat

Transport Fever 3 préfère en effet diffuser ses apprentissages à travers un autre mode de jeu : sa campagne. Énorme tutoriel narratif, elle est découpée en plusieurs chapitres et propose de revivre des étapes clés de l’histoire des transports. Chaque chapitre est l’occasion de voyager autour du globe avec plusieurs protagonistes afin de remplir divers objectifs à travers différentes époques. Sur le papier, le programme est alléchant. Dans les faits, la réalité est plus sommaire.

Des ruines dans le désert.
Des cinématiques à couper le souffle (non.).

🔴 La narration, en plus d’être lapidaire, est très convenue. Ne vous attendez ni à des personnages attachants, ni à une écriture mirifique. 🔴 Plutôt que d’être plongé dans la grande histoire du progrès technique, nous nous retrouvons à enchaîner une simple succession de cartes sans lien entre elles. 🟢 Seule consolation, les missions restent variées et donnent effectivement à utiliser des véhicules emblématiques, de 1900 à nos jours. Promesse tenue donc, mais sans éclat. D’autant qu’aussi peu passionnante et poussive soit cette campagne, elle se révèle comme un passage obligé. Pour cause, c’est à travers elle que les néophytes apprendront les nombreuses mécaniques du jeu. 🔴 Sachant cela, il devient difficile d’excuser un tel manque d’ambition à propos d’un mode chargé avant tout de captiver et de séduire son public. Un sacré acte manqué.

La force tranquille

Un tutoriel pour poser les bases, une campagne pour approfondir les mécaniques, il est temps de se lancer. Mais concrètement, ça ressemble à quoi une partie de Transport Fever 3 ? Premièrement, c’est de l’observation. La contemplation stratégique d’un terrain tout en 3D composé de villes, d’usines, de routes et de paysages. Sur ce point, pas de folie. Transport Fever 3 se contente d’un rendu réaliste, suffisamment convaincant pour être crédible, trop générique pour être notable. Particularité cependant, nous pouvons zoomer sans transition à n’importe quel endroit de la carte. 🟢 Il est même possible d’adopter le point de vue de n’importe quel piéton ainsi que de n’importe quel véhicule en temps réel. Impressionnant !

Un vue rapproché d'une ville industrielle du début du XIX siècle. Les rues sont pavées et empruntées par des calèches à chevaux ainsi que des camions.
Un look maquette du plus bel effet. (Image fournie par l’éditeur)

Jeu de gestion oblige, vous passerez votre temps à naviguer dans de nombreux menus et sous-menus. 🟢 Transport Fever 3 nous sert une interface simple et fonctionnelle qui ne s’embarrasse pas de velléités artistiques. Seule fantaisie, un simple clic sur un véhicule permet d’afficher une vue drone sur celui-ci. Inutile donc indispensable. 🟢 Plus important, malgré la densité de certaines fenêtres et l’apparente complexité de l’ensemble, tous les éléments sont lisibles et les manipulations se font sans difficulté. Un tour de force qui laisse le champ libre pour se concentrer sur l’essentiel : la gestion.

L'interface du jeu. Une fenêtre dans laquelle est affichée l'image d'un bus ainsi que ses statistiques.
Contrairement aux apparences, les menus sont très digestes. (Image fournie par l’éditeur)

Le trafic, tout un art !

C’est sur ce point que Transport Fever 3 se démarque très clairement de la concurrence. Là où nous avons l’habitude d’avoir un impact direct sur l’environnement, ici, la philosophie est différente. Nous pouvons modeler le terrain ou poser de rares bâtiments mais notre rôle et nos actions se veulent plus indirects. À partir de villes, d’usines et de routes déjà présentes, notre mission n’est pas de modifier ces existants mais de favoriser les conditions nécessaires à leurs expansions. Des conditions qui évoluent au gré des époques et de la vitalité de notre économie.

« C’est dense mais […] toutes ces mécaniques deviennent petit à petit limpides jusqu’à être parfaitement logiques »

Cela se traduit par une gestion fine des navettes de passagers et des échanges commerciaux. Or, de ce côté, tout reste à faire. Nouvelles routes, créations d’arrêts, construction d’entrepôts, création de chemins de fer, d’aéroport et de ports : nous sommes les maîtres d’œuvre de ce petit empire. Une fois ces infrastructures établies, à nous de créer des lignes et de réaliser leurs tracés. Nous devons ensuite veiller à choisir les véhicules adéquats (la liste est impressionnante), à la fois pour optimiser les coûts mais aussi pour assurer la satisfaction de vos usagers. 🟢 C’est dense mais grâce au tutoriel et à la campagne, toutes ces mécaniques deviennent petit à petit limpides jusqu’à être parfaitement logiques.

Une ville vue de dessus. On voit le tracé coloré des lignes des différents transports.
Une ville et les tracés de ses lignes de transports. (Image fournie par l’éditeur)

🔴 Fatalement, le plafond de verre arrive tôt ou tard. Multiplicité des lignes, flotte croissante de véhicules et usagers de plus en plus nombreux à satisfaire, tout ceci se transforme doucement en usine à gaz. Car à la longue, une myriade de paramètres beaucoup plus poussés se joignent à la fête. Bruit, pollution, bouchons, aiguillages et tant d’autres éléments compliquent drastiquement nos plans. 🟢 Heureusement, cette difficulté est progressive puisque dépendante à la fois de l’évolution des villes mais aussi du défilé des époques. Une façon astucieuse de renouveler l’expérience et d’offrir aux vétérans de nouveaux défis.

Un mot, un geste, Liberté

Pour autant, les mécaniques offertes par Transport Fever 3 ne sont pas toujours simples à appréhender. Après tout, la formule repose sur un sujet hyper spécialisé. Le jeu, bien qu’accessible, s’adresse aussi et surtout aux habitué·e·s. Preuve en est, le tutoriel et la campagne, indissociables, ne sont qu’une introduction. En effet, le cœur de Transport Fever 3 se situe plutôt dans son mode libre. Nous, le jeu et l’infini des possibles.

Des montagnes.
J’espère que vous aimez les réglettes ! (Image fournie par l’éditeur)

🟢 À partir d’un éditeur de cartes simple mais puissant, il est possible de créer l’environnement de notre choix. De la région du monde à la météo, en passant par le nombre de villes à la topographie des sols, libre à nous de modéliser notre futur terrain de jeu. Ensuite, une nouvelle partie se lance à l’époque sélectionnée puis le jeu nous soumet de temps à autres des objectifs à accomplir. Simple mais efficace. 🟢 Ajoutez à cela la prise en charge officielle des mods avec une librairie intégrée et vous avez possiblement la version ultime de Transport Fever, tout épisode confondu. De quoi s’abandonner à la fièvre des transports pendant de longues années…

Note : 3.5 sur 5.

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